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Huit diplômés de l'ULiège primés aux Hera Awards 2026



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©️ Hera Awards

Chaque année, les Hera Awards récompensent des étudiants et des jeunes chercheurs pour un mémoire (ou pour une thèse de doctorat) qui adopte une approche systémique (à 360°) du développement soutenable. Cette édition, 8 diplômés de l'ULiège se sont distingués pour leurs travaux de recherche. 

Une cérémonie de proclamation des HERA Awards aura lieu le mardi 14 avril à l’Université libre de Bruxelles et sera précédée d’une exposition de posters destinée à mettre en valeur les thèses et les mémoires récompensés. À cette occasion, nos huit diplômé·es seront mis à l'honneur, aux côtés des 27 autres primés issu·es des autres universités. 

Participer à la remise des prix

Lauréat 2026 HERA Doctoral Thesis Award : Xavier Raick  

Pour sa thèse de doctorat en sciences  : "Diversity of the biophony of Polynesian photic and mesophotic coral reefs", défendue à la faculté des sciences de l’ULiège. Promoteur : Eric Parmentier (ULiège) et Lucia Di Iorio (Université de Perpignan).

La thèse de Xavier Raick porte sur les techniques scientifiques d’écoute passive des récifs coralliens à travers les sons des animaux qui y vivent. Des enregistreurs acoustiques (hydrophones) ont été déployés dans six îles de Polynésie française, tant au large que sur les récifs. Plusieurs centaines d’heures de sons, émis par le brouhaha des invertébrés et des poissons ou par des espèces précises, ont été analysées. Cette thèse a, pour la première fois, mesuré - et non simplement modélisé - la distance à laquelle les récifs sont entendus par différentes espèces. Elle a également établi que les récifs les plus profonds ne constituent probablement pas des réservoirs écologiques pour les zones moins profondes. Enfin, outre les avancées méthodologiques engrangées, la thèse a fourni de précieux éclairages sur la résilience des aires marines protégées face aux changements globaux. 

Nominée 2026 HERA Award Sustainable Behaviour : Célia Lemaire 

Pour son mémoire de master en sciences et gestion de l'environnement : "Wallonie, nouveau monde sauvage", défendu à la Faculté des Sciences de l'ULiège. Promotrices : Dorothée Denayer et Eléonore Kirsch. 

Le travail de Célia Lemaire explore le « réensauvagement », un concept né aux États-Unis visant à rétablir des écosystèmes autonomes par la libre évolution des cours d’eau et des forêts, et la non-intervention humaine. À la confluence de la sociologie, de l’écologie et de l’anthropologie, l’autrice mobilise la théorie de Paul Ricoeur pour analyser les récits entourant les deux parcs nationaux récemment créés en Wallonie : celui de la Vallée de la Semois (29 000 hectares) et celui de l’Entre-Sambre-et-Meuse (22 000 hectares). À travers une grille d’analyse à six entrées portant sur les discours des acteur·rices de terrain et la communication officielle des deux parcs, elle examine comment le « réensauvagement » est mis en scène, notamment à travers la figure du lynx, le « fantôme de la forêt ». Ce faisant, elle suggère que les crises écologiques découlent d’un échec de l’imagination et que de nouveaux récits peuvent transformer nos relations au vivant en forgeant des horizons futurs désirables. 

Lauréat 2026 HERA Award Sustainable Democracy : Noé Hiernaux 

Pour son mémoire de master en sociologie : "À la recherche de la classe écologique. Analyse de la conflictualité sociale des agriculteurs wallons", défendu à la faculté des sciences sociales de l’ULiège. Promoteur : Bruno Frère.

Sur la base des contestations sociales de 2024, Noé Hiernaux a interviewé en profondeur 20 agriculteur·ices wallon·nes issu·es de différentes filières et les responsables politiques des trois organisations professionnelles de Wallonie autour de quatre thématiques : l’accès à la terre, la viabilité économique, l’attractivité de la profession et l’impact de l’écologie sur celle-ci. Objectif : faire émerger la conflictualité sociale, c’est-à-dire la façon dont les concernés se représentent l’adversité qui les oppose à d’autres acteurs sociaux. Cette enquête sociologique fait émerger de nombreux résultats qui bousculent les idées reçues et sont susceptibles d’ouvrir un dialogue renouvelé entre agriculteurs et associations de la société civile.  

Entre agriculture familiale et entrepreneuriale, le travail identifie la multiplicité des éthiques de travail mais aussi les ressentis autour de grands enjeux sociétaux :  les conditionnalités vertes de la PAC, l’irruption du féminisme dans la discussion syndicale, etc. 

Nominée 2026 HERA Award Sustainable Engineering : Elisa Hofmann  

Pour son mémoire de master en Ingénieur Civil en architecture : "Analyse technique et acceptabilité sociale d’un matériau composite à base de mycélium et de terre crue ", défendu à la à la Faculté des sciences appliquées de l’ULiège. Promoteurs : Luc Courard et Audrey Mertens.

Au croisement de la biologie et de l’architecture, le travail d’Elisa Hofmann analyse le potentiel de la terre crue et du mycélium (partie végétative des champignons) comme matériaux de construction alternatifs aux matières premières conventionnelles : 100 % biosourcés, faible empreinte carbone, biodégradables et compostables en fin de vie. L’autrice analyse tout particulièrement la faculté du mycélium à intervenir comme bio-adhésif avec des briques de terre crue. L’originalité de son approche est d’être à la fois technique (mise au point d’un isolant mycélien pour une brique en terre crue, suivie d’essais de validation) et socio-anthropologique (étude de l’acceptabilité sociale de ce biomatériau via 2 focus groups constitués d’architectes, gestionnaires de chantier, ingénieurs et gérants d’entreprise en construction). Cette double approche lui permet de mettre en évidence les leviers et les freins à l’utilisation des matériaux à base de mycélium dans le secteur de la construction. Parmi les freins, le coût élevé lié à des méthodes de production lentes et requérant des savoirs spécialisés. 

Nominé 2026 HERA Award Sustainable & Responsible Finance : Olivier Lux 

Pour son mémoire de master en Management "Transition in Sustainability Reporting: Exploring Stakeholders' Barriers to Moving to Limited Assurance under the Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD)", défendu à HEC Liège (ULiège). Promoteur : Wouter Torsin.

Le travail d’Olivier Lux s’appuie essentiellement sur la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), la directive phare en matière de reporting durable au sein de l’Union européenne. Très ambitieuse au départ, cette directive a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment sur les risques de perte de compétitivité pour les entreprises européennes, ce qui a poussé la Commission à l’assouplir partiellement via la directive dite « Omnibus ». Olivier Lux a voulu saisir comment les différentes parties prenantes – entreprises soumises au reporting, auditeur·ices, législateurs, etc. – s’adaptaient à ces changements majeurs. Pour cela, il a mené des entretiens avec les auditeur·ices issus des Big Four, acteurs-clés dans la mise en œuvre et la vérification du reporting durable. Il en ressort des résultats variables selon les acteur·ices impliqué·es. Ainsi, à titre d’exemple, les auditeur·ices et consultant·es souffrent d’un manque d’expertise ESG, de l’absence de méthodes standardisées et d’une forte pression pour créer des cadres internes. 

Nominée 2026 HERA Award Sustainable Law : Auriane Masamuna 

Pour son mémoire de master en droit "Le droit des brevets à l'ère de la transition écologique, repenser la protection et la diffusion des innovations (vertes)",défendu à la faculté de droit, de science politique et de criminologie de l’ULiège. Promoteur : Bernard Vanbrabant.

Le travail d’Auriane Masamuna s’intéresse au rôle du droit des brevets dans la mise au point, la promotion et la diffusion des innovations vertes. Elle se penche sur les manières de repenser la brevetabilité afin de lui conférer un caractère « vert » et sur les conditions de procédure accélérée mises en place dans diverses régions du monde pour favoriser une dynamique de recherche plus vertueuse. Elle met en lumière les tensions qui existent entre, d’un côté, le respect du monopole accordé aux titulaires d’un brevet et, de l’autre, la recherche du bien-être collectif s’appuyant sur la facilité d’accès à ces technologies. Elle donne également la parole à quatre acteur·ices entrepreneuriaux·ales ayant pratiqué l’accès libre (open source) à leurs inventions. Forte de cette analyse à la fois théorique et empirique, elle formule diverses propositions à tous les acteur·ices concerné·es (praticien·nes, entreprises, législateur·ices…) pour considérer la propriété intellectuelle comme un véritable levier de transition écologique et non comme un simple actif défensif. 

Lauréate 2026 HERA Award Sustainable Media : Lola Fonta  

Pour son mémoire de master en journalisme "Journalisme environnemental et conscience écologique des médias en Belgique francophone : entre tensions et convergence", défendu à la faculté de philosophie et lettres de l’ULiège. Promoteur : David Leloup.

Lola Fonta a investigué la façon dont les médias belges francophones abordent la question environnementale, particulièrement climatique, dans leurs colonnes. Après une première analyse historique élargie à l’Europe et aux États-Unis, elle s’est concentrée sur la façon dont les médias belges francophones ont progressivement intégré les thématiques environnementales à l’aune de la notion de « développement durable » surgie au début des années 90. Dix journalistes et rédacteurs en chef ont été rencontrés. L’analyse de leurs interviews a permis à l’autrice de mettre en lumière les freins et obstacles rencontrés dans l’exercice de leur spécialité (pressions économiques, manque de formation, conflits avec les normes journalistiques…), mais aussi les modèles alternatifs et les nouvelles pratiques (journalisme collaboratif, articles « constructifs », création de médias indépendants et de collectifs de journalistes...). Les questions de spécialisation, neutralité et de militance sont également débattues. 

Nominé 2026 HERA Award Sustainable Media : Julien Beauvois  

Pour son mémoire de master en journalisme "Raconter les politiques européennes : pour un récit d'enquête littéraire. Analyse réflexive de l’enquête Who killed the Green Deal au prisme de la production et de la réception de l’actualité européenne, de l’histoire et de la théorie littéraire du récit d’enquête journalistique", défendu à la faculté de philosophie et lettres de l’ULiège. Promoteur : David Leloup.

Comment transmettre une information complexe, voire rébarbative, à un public généraliste largement concerné par celle-ci mais peu enclin à se mobiliser pour en saisir les tenants et aboutissants ? Cette question, Julien Bauvois a tenté de la résoudre par une approche originale et novatrice, marquée par les nouvelles formes d’écriture journalistique : le récit littéraire. Concrètement, l’auteur a écrit une sorte de thriller politique basé sur des faits réels, qui relate les 5 dernières années du volet agricole du Pacte Vert européen, depuis la rédaction des textes initiaux sur la limitation des pesticides (2019) jusqu’à l’échec final sous les coups de boutoir de l’industrie agro-alimentaire (2025). Mû par un objectif résolument inclusif (transmettre pour conscientiser le plus grand nombre, hors du club de « ceux qui savent »), ce travail rédactionnel est encadré d’une réflexion théorique – historique et politique – sur l’éducation aux médias et le rôle de la presse d’investigation.

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