2.4 Égalité des genres : passer à l’action L’ULiège s’est engagée à suivre les Objectifs de Développement Durable définis par l’ONU. Florence Caeymaex, Conseillère de la Rectrice à l’Éthique et aux Politiques d’égalité, rappelle qu’« un développement qui se ferait au détriment des femmes et d’autres minorités de genre au sens large n’est pas un développement durable. » Avec toutes les forces vives souhaitant s’engager sur ces questions, la Conseillère a donc proposé au C.A. de l’Université de se doter d’un organe « participatif » : le Conseil Genre et égalité a vu le jour en octobre 2022. Le Conseil a publié en mai 2023 un plan d’action très concret, série de propositions faites à l’Institution et visant à rendre l’ULiège plus égalitaire. Il est basé sur plusieurs constats, dont le premier est que l’égalité de genre est avant tout une question de justice et que son absence retentit sur la production de connaissances. « Les scientifiques travaillent à partir de modèles qui vont mettre en évidence certains aspects du réel et en négliger d’autres. Ils peuvent alors comporter des biais, c’est-à-dire des choix inconscients liés aux expériences sociales spécifiques des chercheuses et chercheurs. Ainsi, le fait d’être un homme amène à intégrer des aspects de la réalité et pas d’autres, qui peuvent, eux, avoir de l’importance depuis le point de vue d’une femme ou d’une personne racisée, et créer un déséquilibre. Il est donc très important d’avoir conscience des limites de ces modèles et la mixité est cruciale pour le faire. » Cette position du Conseil Genre et Égalité recommande donc en premier lieu de récolter des statistiques sur ces enjeux. « Les chiffres sont importants, car ils permettent d’objectiver une réalité. Par exemple, malgré un nombre légèrement supérieur de filles à l’entrée de l’Université, le masculin est surreprésenté à mesure que l’on avance dans les carrières, surtout au niveau du plus haut grade académique. Les chiffres montrent donc qu’il existe bien des obstacles à la présence des femmes dans ces carrières. » UN ÉQUILIBRE DE VIE Si la société connaît des changements en ce domaine, « la charge familiale reste encore majoritairement la responsabilité des femmes. » Le plan d’action recommande donc une série de mesures afin que la maternité ne porte plus préjudice à leurs carrières, en prolongeant par exemple automatiquement les contrats de recherche en cas de grossesse, en installant davantage de locaux d’allaitement, et via des campagnes d’information à propos des droits et des risques liés à la maternité, à destination des responsables de services. « Cela passe aussi par des mesures organisationnelles, comme éviter de placer des réunions en fin d’après-midi pour ne pas pénaliser les femmes qui gèrent encore l’organisation familiale. » Une réflexion sur le travail à distance est également sur la table, ainsi que sur la création d’une crèche. « Plusieurs pistes sont à explorer sur ce sujet, afin de prendre en compte la diversité de la communauté de l’ULiège et le défi que représentent les différents campus. » Nommer les choses, c’est les faire exister. En publiant la position du Conseil Genre et Égalité, l’Université de Liège avance vers une politique explicite d’égalité de genre au sens le plus large, incluant les personnes LGBTQIA+. Car l’égalité de genres est un droit fondamental. 14 | RAPPORT ANNUEL DU DÉVELOPPEMENT DURABLE À L’ULIÈGE | 2022 – 2023
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